Éléments de compréhension de l'art opératif

” Tout effet a une cause, tout effet intelligent a une cause intelligente, la puissance de la cause est en raison de la grandeur de l’effet. 

L’art opératif est l’utilisation par le commandeur et son état-major d’une imagination créative étayée par la compétence, la connaissance et l’expérience pour élaborer des stratégies, des campagnes et des opérations majeures en optimisant l’emploi de la force.

L’art opératif consiste à intégrer les buts à atteindre, les chemins et les moyens en fonction des niveaux de crise ou de guerre. Il s’agit d’un processus intellectuel que les commandeurs utilisent pour visualiser la meilleure manière d’utiliser les capacités militaires pour contribuer au mieux avec les autres instruments de puissance à l’atteinte de l’Etat final recherché.

L’art opératif promeut la combinaison des actions par l’intégration des autres ministères ainsi que les partenaires multinationaux dans le but d’atteindre l’état final recherché correspondant à la stratégie nationale..

L’art opératif requiert une vision large, une capacité d’anticipation ainsi que des compétences en planification, en préparation, en conduite et en évaluation. Il fournit un cadre permettant au commandeur et à son état-major d’organiser les idées et comprendre les conditions de la victoire avant de rechercher la bataille, c’est-à-dire en évitant les batailles inutiles.

Sans l’art opératif, les campagnes et les opérations se présenteraient comme une succession d’engagements sans liens entre eux, l’attrition relative restant le principal sinon l’unique instrument de mesure de succès ou d’échec.

La conception opérationnelle

La conception opérationnelle est le processus de développement du cadre intellectuel qui sous-tend une opération interarmées et la conduite des actions qui en découlent.

La conception opérationnelle fournit l’ossature du plan interarmées en procurant un certain nombre d’artifices qui aident le commandeur et son état-major à visualiser l’agencement des capacités (issues des instruments de puissance) dans le temps et l’espace pour atteindre l’état final de la campagne.

La conception opérationnelle est avant tout un processus intellectuel fondé sur l’imagination, l’expérience, l’intuition et le jugement du commandeur et des planificateurs. Le résultat de ce processus doit constituer un cadre pour l’opération interarmées qui lie les objectifs, procédés et les moyens à travers les niveaux de guerre. Dans ce but, les artifices de la conception opérationnelle sont comme un outil permettant de visualiser la campagne en mettant en œuvre l’intention du commandeur.

Durant la conduite, le commandeur et ses planificateurs s’appuient sur ces artifices et ajustent à la fois les opérations en cours et les futurs plans pour capitaliser les succès tactiques ou opératifs alors que la campagne se déroule. Les artifices de la conception opérationnelle peuvent être utilisés de façon sélective dans n’importe qu’elle opération interarmées. Cependant, leur utilisation est particulièrement adaptée dans un contexte de campagne interarmées, c’est pourquoi c’est ce contexte qui sera retenu dans les discussions du chapitre qui suit.

Parmi toutes les considérations, l’art opératif requiert du commandeur de répondre aux questions suivantes :

  1. Quelle est la contribution de chaque objectif à l’atteinte de l’état final recherché par la stratégie nationale ? (les buts)
  2. Quels sont les effets, lorsqu’ils sont créés, qui permettent l’atteinte de ces objectifs ? (les conditions)
  3. Quelles séquences d’actions est la plus apte à permettre la réalisation de ces effets ? (les procédés)
  4. Quelles ressources de la force interarmées sont requises pour accomplir ces séquences d’actions ? (les moyens)
  5. Quel est le coût probable ou le risque encouru par la force en réalisant ces actions ? (analyse des risques)

La complexité des conflits modernes requièrent des commandeurs et leurs états-majors de comprendre les origines et les causes du conflit.

Les vieux principes fondés sur la connaissance de l’ennemi, la surprise et l’adaptation (agilité) restent valident.

Trop de données peuvent conduire à une surinformation et une paralysie de la décision, seule l’analyse peut faire sortir le blé du foin.

Une bonne analyse permet la compréhension fine de l’espace d’engagement.

Appliquer l’art opératif :
les challenges et les frictions

une Planification centrée sur les effets à obtenir

Effets attendus.

Mesures d’efficacité (MoE).

Mesures de performance (MoP).

Approche globale.

Planification en collaboration étroite avec le niveau stratégique.

Fondé sur le commandement de mission.

Planification opérative interarmées

Définitions

Acteur

Une personne ou une organisation, un état ou une entité non-étatique, faisant partie d’un système international et qui utilise ses pouvoirs pour influencer les autres selon ses intérêts et objectifs.

 

État final

L’état final recherché décrit une situation finale, acceptée et sans ambiguïté qui est le résultat de l’atteinte des objectifs stratégiques.

 

Objectif

Un objectif est un but clairement défini dans l’espace d’engagement dont l’atteinte est essentiel pour les dirigeants politiques ainsi que pour les commandants militaires pour obtenir l’état final recherché. Un objectif est lui-même constitué d’un agrégat d’effets désirés. Les objectifs forment les parties de l’état final recherché et leur atteinte doit conduire à la réalisation de ce dernier.

 

Effet

Un effet est la conséquence de l’accumulation d’une ou plusieurs actions à travers l’espace d’engagement. Il conduit à un changement de la situation dans un ou plusieurs domaines. L’agrégat d’effets réalisés conduit à la réalisation d’un objectif.

Action

Une action est le processus qui engage un instrument de pouvoir d’une alliance à tous les niveaux dans l’espace d’engagement.

L’espace d’engagement comprend l’air, la terre, la mer et l’espace ainsi que l’ensemble des systèmes, ennemis, amis, neutres (dans les domaines, politique, militaire, économique, social, informationnel, d’infrastructure [PEMSII], légaux et autres), et qui sont partie prenante dans la crise.

approche globale des crises